Ce concert créé en 2018 à la bibliothèque François Mitterrand marque le début d’une aventure qui ne demande qu’a être poursuive, car en lien avec la mémoire. Ce moment d’histoire qui se déroule à une époque charnière : celle de la première guerre mondiale, des premiers obus, gaz moutardes et autres horreurs qui vont amener l’industrie des pesticides.

Le compositeur Claude Debussy, lors de cette période, se demande et s’inquiète de l’avenir en composant un de ces chef d’œuvre, la sonate en trio qui se réfère à la France de Rameau. Le passé peut-il éclairer le présent et avoir un impact sur l’avenir ?

La parole d’un compositeur en temps de guerre, ses lettres, accompagnées d’un programme. Le concert-lecture « Debussy l’Echo d’une guerre », avec la collaboration de la comédienne Dominique Frot et rehaussé des photographies de Jean-Marc Volta, invite l’auditeur-spectateur à une immersion sonore et visuelle. Dialoguant avec les œuvres de Debussy – l’éternel Syrinx pour flûte seule (1913), deux Épigraphes antiques (1914) et la fameuse Sonate pour Flûte, Alto et Harpe (1915) – des pièces de Rameau rappelleront l’attachement de Debussy aux « anciens maîtres », tandis que les «tombeaux » écrits par Dukas et de Falla s’inscrivent dans la tradition des hommages fraternels rendus entre compositeurs. De nouvelles œuvres , créées à l’occasion de ce concert, témoignent de la force d’inspiration toujours vive de l’œuvre de Debussy. A la musique jouée s’entrecroisera encore ici celle des mots prononcés : ceux de Debussy lui- même, puisés dans sa vaste correspondance, et du romancier contemporain Éric Vuillard. Avec son consentement, la comédienne Dominique Frot a entrepris pour ce projet un véritable travail d’adaptation de son roman « La Bataille d’Occident ». L’abstraction des photographies de Jean-Marc Volta donneront à voir à la surface des eaux les reflets improvisés par la Nature jusqu’à l’abstraction. Tremblants, meurtris, les arbres comme des corps mutilés résistent à la mort. Les courants capricieux jouent avec la lumière et les ombres, de façon dramatique, parfois surréaliste toujours poétique. Incomparable partition de sonorités, de reflets, de couleurs, de formes et de mouvements.

©Photo – Jean-Marc Volta